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mardi 6 novembre 2012

Musée Joseph Denais, cabinet de curiosité.



Ce dernier cabinet de curiosité du XIXème siècle est musée original, qui sort de l’ordinaire, situé à Beaufort-en-Vallée, dans le Maine-et-Loire (49).
En effet, on y trouve une importante collection archéologique locale, et Joseph Denais (1851-1916) a sollicité les dons d’artistes contemporains d’archéologues et de collectionneurs célèbres.

La collection présentée est étonnante dans le sens où on peut découvrir des œuvres très différentes : peinture, sculptures, photographies, objets ethniques mais aussi une collection sur les animaux que l’on pourrait trouver dans un musée d’histoire naturelle.
Cependant, ces animaux empaillés sont détournés. En effet, la présentation porte le nom « Accident de chasse ». On découvre alors ces animaux avec des pansements et des bandes autour du corps, comme s’ils s’étaient blessés lors d’une partie de chasse. On peut aussi admirer une magnifique paire de pantoufles-lapin ainsi qu’une énorme taupe pendue et suspendue au plafond.
On y trouve aussi des œuvres d’artistes plus connus tels que La Petite Châtelaine de Camille Claudel et l’Homme Poisson de René Magritte.

Ce musée mélange l’art contemporain et une collection plus ancienne. En effet, lors de sa réouverture en juillet 2011, l’intention du musée était de confronter la collection plus ancienne de Joseph Denais à une collection contemporaine d’Antoine de Galbert. C’est cela qui fait l’originalité de ce musée, ajoutée à l’originalité des deux collections, qui rassemble des objets hétéroclites, qui font voyager le visiteur à travers les époques et les continents. 

                                                        Salles du musée
 
Rabbit Slippers - Wim Delvoye
La Petite Châtelaine - Camille Claudel (1898)

L'information scolaire - Robert Doisneau (1956)



Robert Doisneau, photographe majeur du XXème siècle, a marqué son époque grâce à ses clichés en noir et blanc d’anecdotes et de petites histoires. Amusants, tendres et bienveillants, il ne faut cependant pas en oublier leur côté nostalgique et dénonciateur que le photographe tenait à faire passer à travers son œuvre.
Cet artiste, mondialement connu pour son « Baiser de l’hôtel de ville », est l’auteur de la photographie en noir et blanc intitulée « L’information scolaire », qu’il a réalisée en 1956 dans l’école de la rue Buffon, dans le Vème arrondissement de Paris. Elle fait partie d’une grande série réalisée sur les écoliers de Paris, durant les Trente Glorieuses, période d’après-guerre (la Seconde Guerre Mondiale) durant laquelle la France a connu une très forte croissance économique ainsi que de nombreuses mutations sociales. Il existe différents formats et cadrages disponibles pour cette photographie.

À travers cette photographie, Robert Doisneau a voulu retransmettre aux plus vieux la nostalgie de leur jeunesse passée sur les bancs de l’école et aux plus jeunes leur quotidien d’un point de vue tendre et amusant. En effet, malgré l’époque, l’attitude des élèves lors des contrôles ne change pas. Nous pouvons donc facilement nous identifier à eux en nous imaginant un décor adapté à l’époque à laquelle nous vivons. Le photographe a pris la peine, en mettant en scène les enfants, de rassembler dans sa photographie tous les élèves « types » d’une classe pendant une évaluation : l’élève qui réfléchit les sourcils froncés, celui qui se gratte la tête, celui qui est concentré sur sa copie et bien entendu, l’élève qui triche sur son voisin ! Ainsi, chacun peut se retrouver dans cette photographie à travers « son double des années 50 ».

Si l’on replace cette photographie dans le contexte de la période à laquelle elle a été prise, les Trente Glorieuses et donc le baby-boom, on peut aussi penser que Robert Doisneau a voulu montrer à la population de l’époque que l’école était indispensable pour les enfants. En effet, le fait de les instruire leur permettrait plus tard de prendre en main le destin de la France pour éviter de nouvelles catastrophes, comme la Seconde Guerre Mondiale qui s’est terminée quelques années plus tôt. De nos jours, cette photographie garde tout son sens. Elle nous rappelle que les enfants son le centre de la société et que leur éducation joue un rôle décisif dans le développement de celle-ci.


mercredi 31 octobre 2012

Claes Oldenburg : avis personnel


L'oeuvre de Claes Oldenburg est vraiment intéressante, pour les fans de Pop Art mais aussi pour tous les autres. Le fait qu'il refuse l'art et décrive les oeuvres comme des choses laides en fait un artiste à part entière, qui se détache des autres.
Ses sculptures gigantesques sortent de l'ordinaire, ce qui permet de dénoncer avec force la société de consommation d'une manière drôle et absurde. Il illustre de façon éclatante la banalité, la vulgarité et l'inconstance des valeurs sacrées de la vie américaine.



Claes Oldenburg : un représentant majeur du Pop Art

Né à Stockholm en 1929, Claes Oldenburg émigre avec sa famille à Chicago en 1936. Il étudie alors l’art et la littérature à l'université de Yale avant de suivre des cours du soir à l'Art Institute de Chicago de 1946 à 1952. Puis, il devient pigiste et illustrateur pour des magazines. À la fin des années 50, il part s’installer à New York. C'est là qu'il commence ses travaux.


Claes Oldenburg dans les années 70






Claes Oldenburg : ses oeuvres


Ses premiers travaux s’inspirent de l’art brut avec l’emploi de matériaux de récupérations. Il fait des versions « hard » et des versions « soft » de ses œuvres. Il refuse l’art. Il dit même : « Une œuvre est faite pour être laide, moche, sans signification pour l’esprit et les sens. Je pense que l’art a le mérite d’être inutile. »

Il refuse aussi les galeries d’expositions conventionnelles et crée donc lui-même en 1961 sa propre galerie « The Store » qui a pour élément clé la nourriture.  Cette installation présentant des sculptures molles prend place dans un magasin et Oldenburg la gère telle une boutique. Il y met en ventes ses œuvres telles des marchandises.

Floor Burger (1962)
Floor Cake (1962)

Claes Oldenburg s’inscrit dans le mouvement Pop Art. Ses productions s’inspirent largement des objets de la société de consommation américaine : hamburgers, frites, glaces, téléphones, lavabos et bien d’autres. Il représente ces objets dans des matériaux provocateurs tels que du carton souple ou du tissu pour sa série des sculptures molles, ou les reproduit de façon gigantesque en tant que monuments urbains.

Il développe cette série d’objets monumentaux tels qu’une bicyclette ensevelie, un cornet de glace, une cuillère avec une cerise et bien d’autres, en Europe comme aux États-Unis avec l’aide de sa partenaire Coosje Van Bruggen. En créant des œuvres pour des espaces publics, l’artiste réalise sa première ambition : faire de l’art qui ne soit pas destiné à un musée, mais qui propose une redécouverte du monde pour tous. 

Spoonbridge and Cherry (1988)
La Bicyclette ensevelie (1990)

Free Stamp (1991)
Houseball (1996)
Toute l'oeuvre de Claes Oldenburg et de sa femme Coojse Van Bruggen sur leur site officiel :

Un chien andalou - Louis Buñuel


En rencontrant Salvador Dalí, Louis Buñuel évoqua un rêve, succession d'images hallucinées, un nuage effilé coupant la lune suivit d'une lame de rasoir tranchant un oeil. Dalí lui parle alors de son rêve de la nuit passée, tout aussi surréaliste, qui décrit une main pleine de fourmis. Mieux qu'un cadavre exquis, Buñuel s'enflamma : " Et si nous faisions un film à partir de cela ? "


En 1929, il réalisa donc " Un Chien Andalou ", un court-métrage surréaliste muet en noir et blanc de 16 minutes, avec l'aide de Dalí pour l'écriture du scénario.

Ce film ne raconte pas une histoire mais c'est une succession de scènes ayant pour seuls liens quelques personnages et un décor d'intérieur parisien qui accueille la plus grande partie des scènes.
Certains personnages, objets, lieux apparaissent et disparaissent subitement, se baladant dans le temps. C'est au spectateur de décider s"il associe ces apparitions à des faits réels, à l'imagination ou à des souvenirs.
L'étrangeté de l'ensemble est délibérément onirique, selon le principe surréaliste.


" Un Chien Andalou " n'est pas un film a regardé au premier degré, mais plutôt comme un rêve. On n'y comprend pas grand chose, il ne peut pas s'expliquer. Il faut juste apprécier les images fortes qui sont données à voir dans ce film et qui mettent en scène les rêves et les délires des deux artistes.

          

Lien vers le film complet :

lundi 29 octobre 2012

Anemic Cinema - Marcel Duchamp

Marcel Duchamp (28 juillet 1887 - 2 octobre 1968) est un peintre, plasticien, homme de lettres français, naturalisé américain en 1955.
Il était préoccupé par le temps, la vitesse et la décomposition des mouvements. Ce qui l'a justement amené, en 1925, à faire du cinéma expérimental, appelé " L'Optical cinema ", avec son unique film Anemic Cinema (35 mm, noir et blanc, 7 minutes). Son film présente des plaques rotatives qui deviendront plus tard, en 1935, les Rotoreliefs.
Ces disques en mouvement sont filmés sur lesquels sont parfois inscrits des phrases - comme par exemple "L'enfant qui tète est un souffleur de chair chaude et n'aime pas le chou-fleur de serre-chaude", où l'absurde, l'humour noir et l'allitération sont de mise.
Le film fut projeté en août 1926 en séance privée.

Lien vers le film :
http://www.youtube.com/watch?v=dXINTf8kXCc